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Apple accuse OpenAI d'avoir orchestré une vaste campagne de vol de secrets industriels pour développer ses futurs appareils IA

Apple a engagé une procédure judiciaire explosive contre OpenAI et son directeur du matériel (Chief Hardware Officer), Tang Tan, accusant l'entreprise d'avoir..

Par KENAYA NKOBA · 19/07/2026 · 08:37

5 min.
Apple accuse OpenAI d'avoir orchestré une vaste campagne de vol de secrets industriels pour développer ses futurs appareils IA

Apple a engagé une procédure judiciaire explosive contre OpenAI et son directeur du matériel (Chief Hardware Officer), Tang Tan, accusant l'entreprise d'avoir mis en place une stratégie systématique visant à s'approprier les secrets industriels du géant de Cupertino afin d'accélérer le développement de sa future gamme d'appareils d'intelligence artificielle. La plainte, particulièrement détaillée, décrit ce qu'Apple présente comme une campagne coordonnée impliquant d'anciens employés, le téléchargement de documents confidentiels, le recrutement ciblé d'ingénieurs Apple et l'utilisation présumée d'informations sensibles concernant des produits encore non annoncés.

Un ancien ingénieur aurait téléchargé plus de 1 000 pages de documents confidentiels

Au cœur de la plainte figure Chang Liu, ancien ingénieur d'Apple ayant quitté l'entreprise en janvier 2026 pour rejoindre OpenAI. Selon Apple, Liu n'aurait jamais restitué son ordinateur portable professionnel. Après avoir découvert une faille lui permettant de continuer à accéder aux serveurs internes d'Apple depuis son nouveau poste chez OpenAI, il aurait conservé cet accès au lieu de le signaler. Apple affirme qu'il aurait même envoyé un message à un collègue resté chez Apple en écrivant : « LOL, j'ai découvert que je pouvais accéder au serveur, c'est trop drôle. » L'entreprise soutient ensuite que Liu aurait téléchargé plus de 1 000 pages de documents d'ingénierie confidentiels tout en travaillant sur des projets matériels concurrents chez OpenAI.

Tang Tan, ancien dirigeant emblématique d'Apple, directement visé

La plainte cible également Tang Tan, aujourd'hui directeur du matériel d'OpenAI. Avant de rejoindre la société de Sam Altman, Tan a passé près de vingt-quatre ans chez Apple, où il occupait notamment le poste de vice-président en charge de la conception des produits pour l'iPhone et l'Apple Watch. Apple affirme que lors des entretiens d'embauche menés pour OpenAI, Tang Tan aurait demandé à certains candidats de venir avec des composants physiques appartenant à Apple : batteries, cartes logiques, circuits électroniques ou encore pièces de prototypes. Selon Apple, un candidat aurait déclaré être tellement surpris par cette demande qu'il aurait répondu : « Je ne savais même pas que nous avions le droit d'emporter ce matériel hors des bureaux. »

Des documents internes d'Apple auraient circulé chez OpenAI

Apple affirme également qu'un document interne classé « Need to Know », réservé uniquement à certains responsables de l'entreprise, circulait parmi les nouvelles recrues d'OpenAI. Ce document détaillait précisément les procédures de sécurité appliquées lorsqu'un employé quitte Apple. Selon la plainte, OpenAI aurait partagé ces informations avec des candidats avant même leur démission, afin qu'ils sachent quels contrôles anticiper et comment éviter d'attirer l'attention des équipes de sécurité. En interne, certains employés d'OpenAI auraient même surnommé ce document « la checklist préparée par Tang ».

OpenAI aurait conseillé les employés sur leur départ d'Apple

Apple accuse également OpenAI d'avoir activement conseillé ses futurs employés sur la manière de gérer leur départ. Les recommandations évoquées dans la plainte incluraient notamment le refus de signer certains documents lors des entretiens de départ et l'instruction de contacter immédiatement OpenAI si Apple demandait une signature particulière. Selon Apple, OpenAI serait ainsi intervenu directement dans les procédures de départ de ses salariés afin de limiter les risques juridiques.

Garder son badge Apple le plus longtemps possible

Toujours selon Apple, Tang Tan aurait demandé à plusieurs employés recrutés de ne pas révéler immédiatement qu'ils avaient accepté une offre chez OpenAI. L'objectif présumé aurait été de conserver le plus longtemps possible leurs accès aux bâtiments, aux systèmes informatiques et aux ressources internes afin de continuer à recueillir des informations sensibles. Apple affirme avoir identifié un schéma récurrent : des employés quittant l'entreprise sans participer aux entretiens de départ, ignorant les sollicitations des équipes de sécurité et contournant volontairement les procédures internes.

Des entretiens d'embauche très orientés sur les secrets industriels

La plainte décrit également le processus de recrutement matériel d'OpenAI. Les candidats devaient préparer une présentation technique approfondie détaillant notamment : les fournisseurs utilisés par Apple ; les critères de sélection des composants ; les outils logiciels employés pour l'intégration des systèmes ; les méthodes de gestion des relations avec les sous-traitants. Apple estime que ces informations dépassaient largement le cadre d'un entretien classique et visaient à obtenir des renseignements confidentiels.

Des noms de projets secrets auraient été utilisés pendant les entretiens

Autre accusation marquante : certains recruteurs d'OpenAI, eux-mêmes anciens employés d'Apple, auraient utilisé les noms de code internes des projets confidentiels de l'entreprise afin d'interroger les candidats sur des produits encore jamais annoncés. Apple affirme avoir identifié au moins un cas où un candidat aurait commencé à télécharger des documents confidentiels quelques heures avant son entretien chez OpenAI. Durant cet entretien, Tang Tan lui aurait posé des questions portant précisément sur le projet concerné.

Une technologie de fabrication d'Apple au cœur du dossier

Apple accuse également OpenAI, via sa filiale io Products, d'avoir demandé à l'un de ses partenaires industriels exclusifs de reproduire une technique propriétaire de finition métallique développée pendant plusieurs années par Apple. Selon la plainte, OpenAI aurait affirmé que cette collaboration avait été autorisée par Apple. L'entreprise nie catégoriquement avoir donné une telle autorisation et rappelle que ce partenaire était lié par des accords d'exclusivité.

Une opération coordonnée impliquant plusieurs anciens employés

Apple affirme enfin que Chang Liu ne travaillait pas seul. Selon la plainte, il aurait aidé une autre employée d'Apple, Alyssa Peng, à copier des fichiers confidentiels sans déclencher les systèmes de sécurité internes. Apple soutient également qu'il lui aurait indiqué quels dossiers consulter afin de préparer son entretien chez OpenAI, tout en lui demandant de quitter les moyens de communication d'Apple pour utiliser l'application de messagerie LINE.

Apple parle d'une stratégie institutionnelle

Pour Apple, ces différents épisodes ne constituent pas des incidents isolés. La société affirme qu'OpenAI emploie désormais plus de 400 anciens ingénieurs et dirigeants d'Apple et accuse son concurrent d'avoir construit sa stratégie de recrutement matériel autour de l'acquisition d'informations confidentielles portant sur les procédés de fabrication, les relations avec les fournisseurs et les futurs produits de la marque. Dans sa plainte, Apple conclut que l'activité matérielle d'OpenAI serait, selon ses propres termes, « profondément entachée par son recours illégal à des secrets industriels détournés ». À ce stade, ces accusations restent des allégations formulées dans une procédure judiciaire. OpenAI n'a pas été reconnu coupable et pourra présenter sa défense devant les tribunaux.

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